Texte écrit par Philippe Perrin Pique à l’occasion de l’exposition “Construire un feu” à la galerie Les 2 portes

Merci à Nicolas Waltefaugle pour les photos


Fragments d’une poétique du feu

Pendant sa résidence de l’hiver 2018 au Manoir de Mouthier, Thierry Millotte ne s’est pas contenté d’aller photographier la nuit la fête des failles. Le lendemain, il est allé récupérer la cendre du feu et du charbon de bois pour générer de nouveaux travaux avec ces restes de feu .

Autant que le travail fini, ce qui est intéressant chez Lui, catalogué à tort comme photographe, c’est la démarche matiériste qui consiste à capter artistiquement tous les stades de transformation de la chose appréhendée.

Il ne s’agit pas seulement par la photographie de rendre compte de la lumière d’un feu comme Il s’est attaché à le faire en photographiant la nuit des feux allumés derrière d’énormes rochers qui engendrent des tableaux dont on ne sait s’ils sont  une  photo ou une  peinture ancienne éclairée à la bougie.

S’agit il  alors vraiment de construire un feu ? D’abord un feu ne se construit pas, il se prépare et s’allume dans le cadre d’un processus vital qui échappe à toute construction puisque rien ne meurt, tout se transforme .

En utilisant par ailleurs la cendre du feu comme matériau de tableaux abstraits ou de boites en verre qui font penser à des peintures semi -abstraites  de Pointelin, Thierry Millotte déconstruirait plutôt le feu qu’il ne le construirait si référence devait être faite à ce concept Derridien.

Paraphrasant Bachelard, je nommerai cette exposition : Fragments d’une poétique du feu

À voir absolument dans ce petit /grand lieu qu’est l’atelier des deux portes à Besançon.

PPP